Poisseux fluide.

Un chemin qui longe un plan d’eau. Des passants. Une noyade. Des têtes qui se détournent dans un silence assourdissant, dans une satisfaction nauséabonde. Et je coule. Et elle ignore. Et je la hais. Et j’écorche.

Et je saigne. Et elle m’ignore. Et elle m’abandonne. Et je coule.

Je la vois soudain, telle un ange, le regard triste de tous ces maux, de toutes ces écorchures, de toute cette solitude. Elle tend sa main, elle veut me sortir de là. Je le veux. Le puis-je ?

Son regard. Quel regard. Il m’aide, mais je n’arrive toujours pas à donner l’impulsion. Sûrement le couteau qui m’empêche de lui prendre la main, qui m’empêche de prendre l’impulsion, la faute à ces tendons d’Achille sectionnés, à ces muscles mis à nu, à cette douleur sourde et lancinante qui me libère. Je n’en veux plus, je veux la suivre, je veux retrouver la lumière. Mais l’obscurité des profondeurs me happe, et j’ai froid. Et j’ai mal.

Et la puanteur d’un sang noir et corrompu me tire de ce rêve. Je saigne, beaucoup. Je souffre, et j’en jouis. Et donc je continue, le couteau à la main, à déchirer la peau de mon torse, dans un élan de douleur cathartique. Et je continue, et je répands mon sang partout. Et je ris à gorge déployée.

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