Citation

Unexpected

Son silence est

Glaçant

Comme la pluie d’hiver

Diverses émotions

Glaçantes.

Autant de torrents

Gelés

Comme autant de temps

Figé.

Autant de temps

Passé

De torrents glacés

Figés

Rivières

De perles

Au coin des yeux

Aube défaillante

Encore un matin défaillant,
Aube morne et terne.
Je ne vois que la coulée des gens,
Sang triste et faible.
Je n’vois même plus ce soleil,
Fait de lumière et de joie
Car j’ai jeté la dernière bouteille
Dans la mer de toutes ces voix
Qui susurrent à mon oreille
Du réconfort. Issue sans voie.
Tous ces désordres sans loi
À arpenter la vie comme une ombre,
Et à explorer les recoins les plus sombres.
J’en suis le monstre sans foi.

Le Prince des corbeaux.

C’est le titre de la nouvelle que j’ai terminée, et qui a donc achevé le recueil que je lisais. Je vous donne le nom au cas où, mais sans les 30 autres tomes du cycle, je pense que ça ne vous servira à rien : Les Ombres de la traîtrise.

Sevatar, une grande source d’inspiration. Puis une sorte d’affinité avec la personnalité décrite dans le livre. C’est dommage, c’est étrange, c’est ironique que je le lise à cette période de ma vie, une période ou tout se chamboule, ou le taf n’est pas venu, ou ma psyché s’affirme bon gré mal gré. Et où je repars dans de très grosses insomnies, dans un rythme de vie nocturne.

J’ai toujours eu la faculté d’évoluer incognito. Je prenais ça jusqu’à très récemment comme un fardeau. Mais c’est une aubaine finalement. Je n’étais jamais remarqué, toujours oublié, toujours délaissé dans le choix. Mais ça me permet de pouvoir analyser toujours, sans répit, et donc d’évoluer dans l’ombre. De voir avant, de me prémunir. Et c’est pour ça que j’aime la nuit, c’est le moment des miracles, du tout, des murmures et des miasmes psychiques. La période où je deviens moi, la période où je suis encore plus au-dessus des êtres lambdas, nonobstant mes kilos superflus (oui malgré le sport, pas assez régulier il est vrai, j’ai un peu de poids en trop), et où je respire l’odeur de la vie. C’est l’heure des téméraires.

C’est l’heure du rêve, et le rêve est la dernière chose qu’il reste à l’Humanité pour se sauver. Encore plus quand on a le sentiment d’être né damné. La Nuit, c’est le dernier moment de ma vie où je peux dire cette phrase si importante pour l’être humain. Je suis.

Sevatar, le fameux personnage, est à l’image de son père.. Et à son image, j’ai lutté pendant longtemps contre moi-même. Et surtout, il s’épanouit dans l’ombre, la nuit perpétuelle étant son environnement naturel. Il a des préoccupations inédites, se demandent toujours si c’est normal, il est à part même pour ses frères.

Et comme moi, quand il se laisse aller à être lui, il sombre. Sauf que pour la première fois de ma vie, quand je sombre, je vis, je me sens moi. Je suis en marge, et alors ? C’est le monde qui est en marge, pas moi.

Moi, je suis en survie.

La reine des pulpes.

La fraîcheur d’un abricot libérant tout son jus sur ma langue, une délivrance, une libération des sens. Une connexion indescriptible, créée et développée sur les courbes insensées et sa peau d’orange.

Des lèvres pleines, sucrées, une délicatesse. Parfum d’acide, d’interdit, étourdissement permanent. J’ai vécu trois jours en suspension, une semaine d’impermanence. Puis clap de fin sur le brun naturel de ses lèvres, l’intense chocolat de ses yeux, le fruit charnu du plaisir. Et surtout, l’illusion d’un amour entretenu comme la roseraie du parc de la Tête d’or.

Il n’en reste que le mistral.

Vrac gastrique.

J’ai la gerbe mais c’est pas celle d’Interflora, le cœur serré et la gorge tenue en otage par un marin. Un nœud coulant qui empêche les sentiments de sortir, qui retient et détruit. La douleur rend vivant.

Je hais l’humanité, la vie, le cycle, la joie, l’espoir. Je hais, donc je suis. D’ailleurs, la misanthropie est l’aboutissement de l’être.

Poisseux fluide.

Un chemin qui longe un plan d’eau. Des passants. Une noyade. Des têtes qui se détournent dans un silence assourdissant, dans une satisfaction nauséabonde. Et je coule. Et elle ignore. Et je la hais. Et j’écorche.

Et je saigne. Et elle m’ignore. Et elle m’abandonne. Et je coule.

Je la vois soudain, telle un ange, le regard triste de tous ces maux, de toutes ces écorchures, de toute cette solitude. Elle tend sa main, elle veut me sortir de là. Je le veux. Le puis-je ?

Son regard. Quel regard. Il m’aide, mais je n’arrive toujours pas à donner l’impulsion. Sûrement le couteau qui m’empêche de lui prendre la main, qui m’empêche de prendre l’impulsion, la faute à ces tendons d’Achille sectionnés, à ces muscles mis à nu, à cette douleur sourde et lancinante qui me libère. Je n’en veux plus, je veux la suivre, je veux retrouver la lumière. Mais l’obscurité des profondeurs me happe, et j’ai froid. Et j’ai mal.

Et la puanteur d’un sang noir et corrompu me tire de ce rêve. Je saigne, beaucoup. Je souffre, et j’en jouis. Et donc je continue, le couteau à la main, à déchirer la peau de mon torse, dans un élan de douleur cathartique. Et je continue, et je répands mon sang partout. Et je ris à gorge déployée.